René Girot

« J’interroge le paysage. Quelquefois il me répond. Alors on s’anime, on s’éclabousse, on se frotte, on se barbouille de couleurs. Puis on se regarde. Il arrive qu’on se plaise. On a un rapport un peu difficile, en alternance tendre et conflictuel. On fait ensemble notre bonhomme de chemin. »
René Girot

Les amitiés : René Girot

Le Peintre du Var et de la Matière

René Girot est un peintre né en France, dans le département du Var. Attiré très tôt par la campagne provençale, il a commencé sa démarche artistique en allant sur le motif. Il y réalisait des aquarelles et d’autres travaux. Ces premières œuvres ont été ultérieurement détruites.

À partir de 1973, son travail a pris une nouvelle direction. Il s’est mis à peindre des fragments de corps féminins. Entre 1976 et 1978, sa peinture a évolué. Des tissus sont apparus, venant à la rencontre des corps. Puis, ces tissus ont recouvert les corps, pour finalement s’y substituer. Ces œuvres ont donné naissance à des drapés à forme humaine.

Le ciel et la mer ont ensuite fait leur apparition en arrière-plan. Ils ont progressivement occupé la totalité de l’espace. De 1979 à 1981, ses tableaux étaient dominés par des ciels, des mers et des racines. Parallèlement, il a créé des séries de dessins. On y retrouve des thèmes comme les tissus, la femme au masque, les plis de peau et le canapé.

À partir de 1982, le sujet principal de ses tableaux est devenu le paysage de cailloux. Il représentait un sol à l’échelle indéterminée. Ses compositions étaient souvent non centrées. Les éléments s’articulaient comme les pièces d’un puzzle. René Girot s’appliquait à faire vibrer les éléments comme les couleurs. Il plongeait au cœur de la nature. Il en étudiait avec passion la structure interne. Il écoutait attentivement ses moindres battements. Il scrutait la garrigue avec la patience du géologue. L’écume de la vague était observée avec l’inquiétude du marin. Les nuages l’étaient avec l’incertitude d’un météorologue. Sa peinture est décrite comme étant en perpétuelle gestation. Elle « gronde », selon certains observateurs.

René Girot observait le moindre bruissement du monde qui l’entoure. Il agence la nature d’une manière très personnelle. D’expériences en expériences, il interroge le paysage sans répit. Il cherchait à en saisir toutes les nuances. En 1986, il a réalisé des petits formats. Ces œuvres étaient des diptyques, présentant un ciel et un sol.

À partir de 1985, René Girot a entrepris de nombreux voyages. Il a visité des villes où l’art et la vie se mêlent. Parmi elles, on compte Amsterdam et La Haye, Madrid et Tolède, Athènes et le Péloponnèse, Venise Florence et la Toscane, Bruxelles Bruges et Gand, Séville Cordoue et Grenade, Istanbul, Marrakech, Londres, Rome et Gênes.

En 1987, la matière picturale de ses œuvres s’est enrichie. Il est revenu à de grands formats. Il faisait apparaître le paysage à partir d’un fond obtenu par des drippings successifs. Il décrivait sa démarche ainsi : « J’interroge le paysage. Quelquefois il me répond. Alors on s’anime, on s’éclabousse, on se frotte, on se barbouille de couleurs. »

René Girot a commencé à exposer au Salon de Toulon. Il y a remporté un prix en 1975. Il a vécu et travaillé dans le Midi et à Paris.